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Lundi 19 septembre 2005
L'histoire de Gyakuten Saiban est singulière. Le premier épisode, développé par une équipe très réduite au sein de Capcom, a créé la surprise sur GBA il y a quelques années, au niveau de la qualité du jeu, mais aussi surtout au niveau des ventes. Ceci expliquant cela, d'autres épisodes ont évidemment ensuite vu le jour rapidement, toujours sur la même console. D'un genre particulier, le titre n'a jamais dépassé les frontières japonaises, jusqu'a... aujourd'hui. Renommé Phoenix Wright pour les USA, Gyakuten Saiban touche enfin le public occidental.

Avant toute chose, n'hésitez pas à regarder ce trailer récemment mis en ligne. Le principe du jeu est formidable: vous êtes un avocat inexpérimenté, et faites vos premières armes au barreau pour défendre un ami (stupide) dans l'embarras. De fil en aiguille, vous prennez de l'assurance avant de vous retrouver vous même mis en examen (!), puis de créer votre propre cabinet d'avocat, une fois remis de vos péripéties juridiques. Vous passerez ensuite de cas loufoques en cas loufoques.



Tant qu'on y a pas joué, on a du mal à imaginer comment un jeu d'avocats peut se dérouler. On a aussi du mal à comprendre pourquoi le titre a suscité autant d'enthousiasme. Voici donc comment se passe une mission type:

A la manière d'un digital comic, des personnages défilent dans des illustrations animées sur des décors de fond. Grâce à une mise en scène remarquable, on rentre très facilement dans l'histoire. Le ton est franchement drôle, parfois un peu plus sérieux ou triste, mais fait toujours preuve d'imagination pour relancer la surrpise ou l'intérêt au moment où l'on commence à se sentir sur des rails. L'écriture des dialogues est très bonne, et les commentaires du personnage  que l'on joue font souvent mouche.



Lors de ces scènes de dialogue préliminaires, le début du scénario se mets en place, avec l'intrigue de la mission en cours.
Vient ensuite une phase d'enquête, dans laquelle vous pouvez visitez les lieux en rapport avec l'affaire, où aller voir les mis-en-examen en cellule, afin de récolter des témoignages et des preuves, qui seront ajoutées à votre inventaire. Fouillez les lieux et discuter se fait de manière classique:

EXAMINE (> un curseur à pointer sur ce que l'on veut détailler)
TALK  (> choix de questions dynamiques)
MOVE (> liste des lieux du moment)
PRESENT (> pour montrer des objets aux personnes avec qui vous parlez)



Une fois cette phase terminée, il est l'heure du procès. C'est là que la mécanique du jeu devient la plus intéressante. A la manière d'un jeu de combat, l'action commence par un regard noir entre vous et l'avocat de la partie adverse, qui n'aura de cesse de vous malmener. Le juge tape de son maillet, et les témoignages peuvent commencer. Le témoin donne alors sa version des faits, puis le temps s'arrête, et l'interface change.

C'est à vous de jouer, vous devez trouver des contradictions s'il y en a, et il y en a toujours ou presque, dans le témoignage qui vient d'être fait. Phrases après phrases, vous avancez grâce à une interface à flèches avant/arrière dans la déposition.



La commande "press" permet de mettre la pression sur le suspect en le forcant à donner des détails sur la phrase en cours ("HOLD IT!") .Vous ne pouvez pas mettre cette pression sur toutes ses phrases, sinon cela devient du harcellement et le juge vous prend en grippe, alors que l'avocat de la partie adverse vous discrédite.

Une fois une faille trouvée, vous y assimilez une preuve de votre inventaire, avec la commande "present". Votre avocat se lève d'un air sur de lui, et crie " TAKE THAT!!!" et lance la preuve à la face de la cour. Si cette intervention est idiote, vous perdez des points, si elle est bonne, le procès continue en votre faveur, avec souvent le suspect qui reformule sa déposition, perdant son assurance et s'emmelant les pinceaux, de sorte que vous n'ayez plus qu'à recommencer à lui mettre un peu la pression et à ajouter quelques preuves avant que le verdict final ne tombe.



"Il est impossible que vous ayiez vu la scène d'où vous étiez placé, et voici pourquoi", "vous ne pouviez savoir ce que vous venez de dire que si vous étiez sur les lieux du crime; j'explique...", "ce que vous ne savez pas, c'est que j'ai trouvé ceci chez vous, comment expliquez vous ceci ?", "Vous dites avoir vu la victime à telle heure, mais je peux prouver que vous mentez ! Votre montre bla bla bla bla ", " La vérité c'est que vous couchiez avec votre secrétaire dans le plus grand secret, mais que vous bla bla bla ", etc, etc ...

Un ensemble d'actions contextuelles sont également possibles au fil du procès, dont le fameux "OBJECTION !!!" si l'affaire tourne en votre défaveur et que vous voulez proposer de nouvelles choses au juge avant de vous avouer vaincu. Cela dit, ça ne marche pas à tous les coups, et vous pouvez vous prendre un bide.

Le jeu est un parfait mélange entre une aventure intéractive à la digico, un cluedo, une pièce de théâtre à la Vaudeville, et des mickey énigmes pour adultes. Il est très difficle de ne pas spoiler au sujet du jeu et de son scénario, j'aurais vraiment aimé vous raconter à quel point les personnages sont interessants ou drôles, mais tout est tellement interconnecté que ce serait vous gacher les surprises du jeu. Disons que l'histoire ne se gêne pas pour impliquer des personnages haut placés, des domestiques, des acteurs, des voyants extralucides, des nymphomanes sexy, etc ...



Le héros n'est pas un adolescent, les dialogues sont adultes, la mise en scène est résolument fun et rondement menée avec des musiques péchues qui viennent soutenir l'action dans les moments forts, bref, Gyakuten Saiban est un achat hautement conseillé pour tous ceux qui veulent goûter à un type de jeu nouveau pour les occidentaux, et franchement barré dans son déroulement. De plus, on peut sauvegarder à n'importe quel moment, le niveau de langage est tout à fait accessible, et de nouvelles missions ont été rajouté à ce remake du premier épisode, afin de tirer parti des fonctionnalité de la DS. Aucune objection, donc,  monsieur le vendeur.

Avant de clore cette mini-chronique, précisons que la première chose qui apparait lorsqu'on lance la version japonaise du jeu, est le choix de la langue : japonais ou anglais. Inutile d'attendre la version américaine pour les plus impatients.


Par gentil_graphiste - Publié dans : normal
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